utopie
Ils marchent sans trop connaître la raison, rituel matinal, tels des mécaniques bien réglées, ils foulent de leurs pas rapides les trottoirs des grandes villes, des bouches béantes surgies des entrailles de la terre crachent ces fantômes, ils rejoindront, dociles et laborieux, la marée humaine des travailleurs, têtes baissées encore ensommeillés, ils avancent avec la certitude de participer au grand developpement du pays.
Bientôt, le bruit de leurs pas laissera place au silence des cités desertées, peut être le son d'un klaxon grotesque heurtera les murs gris des immeubles qu'un vent léger emportera loin, trés loin vers le pays des hommes libres, une contrée ou les hommes ignorent les chaînes de la société, ou l'argent n'est pas roi, un pays ou l'enfant fait homme grandira dans l'amour et la solidarité.
Pour l'heure, je rejoins cette foule débile, un jour, je le jure je casserais les chaînes et m'envolerait vers d'autres cieux.