mon quartier...
J'attends devant l'épicerie de quartier qu'elle veuille bien ouvrir , fait froid ce matin et on n'est jamais sûre de l'heure d'ouverture, j'aperçois les nuages trés blancs au loin , les gens col relevé se pressent, un groupe d'enfants braillards se dirigent vers l'école accompagnés de leur mére furibonde, matin difficile, mômes à peine lavés ,debraillés malgré le froid, ça sent la sale semaine au petit lundi triste et habituel.
A côté de moi, un homme jeune, mains dans les poches attend également, il a l'air bougon lui aussi, la chemise depasse du pull trop petit, le jean taché de peinture aux plis dechirés donne au personnage des allures de detresse, il s'agite, siffle un copain, tourne sur lui même une clope au bec, je remarque son nez crochu, ses épaules voutées et son extrême sale gueule, rien a faire je ne pourrai pas fantasmer sur ma rencontre de ce matin, enfin la porte s'ouvre sur le visage joviale de mon épicière, petite femme grisonnante au teint rosé, toujours souriante et bien coiffée, la blouse impeccable, son petit col en dentelle bien repassée, la dame porte des chaussons et glisse, virevolte dans son magasin, cette petite vieille a des allures de ballerine, elle papilonne de boites de conserve en camembert (boîte en bois s'il vous plait) de bouteille de lait aux biscuits de bébè, on trouve de tout chez madame andrée...
Dehors, il s'est mis à pleuvoir , l'eau fait des clapotis, une rafale de vent vient de secouer la porte du magasin et le carillon de la porte s'agite en distillant sa petite musique, je dois sortir et quitter ma petite épicerie à la bonne odeur de café, le mauvais temps a retourné mon parapluie, ma chaussure droite baigne dans une flaque d'eau, je me retourne, les lumiéres de la boutique sont d'autant de petits soleils dans la grisaille de ce triste lundi.