19/07/2008Visite matinale...Ce matin, j'ai réussi à pénètrer seul dans la grande maison, la semaine derniére je n'ai fait qu'effleurer les marches de l'entrée, j'ai longé les vieux murs de pierre du jardin, marché d'un pas lent dans l'allée qui méne à la maison, la brume ne faisait qu'apparaître le pignon, des vapeurs blanchâtres sur les massifs où s'évaporent en volutes les esprits du jardin ne faisaient qu'accroitrent mes angoisses.
La cléf tourne fébrilement dans la serrure, la porte ouverte qui jadis, a vu entrer tant de familiers ne laisse passer qu'un filet de lumiére éclairant de façon blafarde le carrelage usé par le temps, dans le salon, ma soeur a recouvert de draps, les meubles, tout ici respire le néant, j'ouvre les fenêtres, l'air trop pesant m'etouffe, quelques photos sur une table rappellent aux visiteurs la présence à jamais perdue des habitants.
Trop tôt pour moi, ma mission est d'aérer la maison et de commencer à ranger dans les cartons les vieux souvenirs, ma mère veut vendre cette maison, elle lui rappelle les jours heureux de sa jeunesse perdue, cette fin de vie, le temps qui passe inéxorablement, moi seul, en suis le gardien, lourde tâche que de révèler à mon esprit et à ma curiosité toute une vie.
Je suis parti, ne pouvant en faire davantage ce matin, les lieux familiers sont devenus en quelques semaines,inconnus.
Un dernier tour de cléf, le dernier bruissement feutré du jardin, le lourd portail fermé, je pars apaisé et heureux dêtre bien vivant.
13/07/2008Jour sombre...Le grand chêne vient de tomber, à sa place que le vide éternel, je n'oublierai jamais sa protection contre les coups de la vie, et si d'aventure il m'arrive encore de flaner dans le jardin je verrai toujours son ombre bénèfique, il s'est eteint dignement comme l'a étè sa vie. Dans la chambre, le rideau bouge légérement, le vent lui même se fait discret et une lumiére blafarde éclaire l'or de l'horloge qui égrène ces heures interminables.
Je te parle, je veux que jusqu'au bout tu m'entendes, ta main dans la mienne, je sais que tu me comprends, je me reproche tellement de te laisser partir, je n'y peux rien, nous subissons tous cette loi implacable.
Ton visage semble de cire, je ne reconnais plus, je ne peux pas pleurer, la mort parait si douce devant la souffrance du corps, je ne le crois pas, il n'est pas possible qu'un homme parte ainsi dans le monde de la poussiére, de l'oubli, bienheureux les croyants, l'âme de leur proche les accompagne dans leur imaginaire.
L'horloge ne s'est pas arrêtée, le vent de souffler et la lumiére fait étinceler la vitrine de tes souvenirs, la vie continue, je retourne à cette vie, adieu mon père.  |